lundi 25 février 2019

Delgres. Blues solaire

Vendredi soir au Roudour, le trio Delgrès a inauguré avec bonheur une nouvelle configuration, plus dynamique, de la salle saint-martinoise qui affichait complet. La scène avait été rehaussée afin que les spectateurs assis puissent apprécier le concert sans être gênés par ceux qui, debout et devant, dansent et renvoient par leur présence une belle énergie aux artistes.

Là où certains juxtaposent, le trio Delgrès réussit une véritable mixité des genres et des inspirations. Son blues caribéen moite et parfois rugueux épouse le swing de la Louisiane avec l'énergie du Rock'n'roll sur des paroles engagées et sensibles en créole. ...

 Cette recette authentique et sincère donne follement envie de prendre la vie à bras le corps et de danser.... dont acte! Le créole se révèle une langue souple et sensuelle, une langue qui sonne et qui donne. Le trio en a d'ailleurs servi un irrésistible mélange épicé sur des thèmes de Led Zeppelin en guise de preuve.

Les chants de mémoire, de lutte et de tendresse sont portés par la conviction et la voix magnifique de Pascal Danaë, la pulsation vitale du batteur Baptiste Brondy et les incroyables lignes de basse du sousaphone de Ragfee. Ils donnent une formidable impression de libération par la musique, le verbe et la danse. "Un pur régal!" résume une spectatrice après deux rappels enthousiasmants.

















































dimanche 27 janvier 2019

people, what people?

Théâtre du pays de Morlaix, 
janvier 2019


Le spectacle commence par une pulsation qui agit comme une étincelle. Elle déclenche le geste, irrépressible, irrésistible. La musique s'intensifie et les sept interprètes, trois hommes et quatre femmes, s'élancent alors de concert. Comme des danseurs-boxeurs, Ils rebondissent  avec précision et détermination. Pendant près d'une heure ils vont se déplacer,jaillir, s'exclamer ensemble, mus par une énergie qui semble les relier comme les pièces d'un puzzle organique en mouvement perpétuel. Si par moment le groupe éclate en échappées périphériques, c'est pour mieux s'agglomérer à nouveau jusqu'au tourbillon final.

Sous perfusion sonore, le groupe évolue comme un grand corps intense, proche de la transe. Il génère une énergie motrice folle que l'intimité du théâtre magnifie. Époustouflés, les spectateurs se sont laissés emporter par elle. Où sommes nous ? Aucun indice sur le plateau nu pour y répondre. Qui sont-ils ?  "People, what people" ? ...Seule certitude :  La danse hypnotique et la formidable cohésion de cette tribu non identifiée à la vitalité sidérante.











mercredi 23 janvier 2019

Magnétique Dominique . Dominique A. au Roudour






Samedi soir au Roudour c'est une salle comble qui a embarqué pour "Eleor" ce lieu imaginaire chanté par Dominique A.  Seul en scène, il a évoqué l'enfance, les paysages et le Temps dont il creuse la substance à travers ses chansons. "Nous sommes immortels" danse-t-il, presque sur la pointe des pieds tout en ponctuant rageusement sur sa guitare électrique. Retour à la douceur de l'été parfait  dans" Comme un jour premier". Il y évoque" l'empilement, des temps éclatés". "Je suis dehors à regarder le temps qui passe sans moi"  est une des autres possibilités qui parcourent son oeuvre foisonnante.

De même qu'il allie puissance et fragilité, cris et chuchotements, il réussit avec élégance à être à la fois fidèle à lui-même et surprenant. Entre rock et chanson sa dualité est richesse et le difficile exercice du solo le révèle magnifiquement. Chaque morceau est un éclat de ce miroir tendu aux souvenirs, aux paysages réels ou imaginés, dessinant une géographie intime et ouverte à la fois. Sa présence impressionne par sa densité tellurique tempérée par ce beau vibrato, comme un léger tremblement sur sa voix tendue.

Après deux rappels  Dominique A offre au public "Le courage des oiseaux" qui fut écrite en 1991!  Cette fulgurance pure est réinterprétée sur le fil entre danse, chant A cappella et chuchotements, superbe point final d'un concert magnétique.