samedi 3 novembre 2018

harpes divines

A l 'opposé de l'esprit sombre de novembre, le Roudour a offert un concert lumineux à son public mercredi soir. La harpiste galloise Catrin Finch et le joueur de kora sénégalais Seckou Keita ont fait l'unanimité auprès des spectateurs qui les ont rappelés avec enthousiasme en fin de concert. Faisant fi des frontières, leur musique semblait portée par les courants ascendants pour mieux s'élever dans les airs et se jouer de la lumière par de subtiles variations de tons et de rythmes. Concentré, puis transporté, le public a suivi les deux artistes complices dans ce voyage en apesanteur. Qu'ils parlent du voyage des esclaves depuis Gorée au Sénégal ou célèbrent le retour du balbuzard migrateur longtemps chassé du pays de Galles, c'est avec grâce et délicatesse qu'ils entrelacent les cordes de la harpe et de la kora et les font dialoguer.


Le rayonnant Seckou Keita avait déjà impressionné lors de sa prestation avec Omar Sosa et l'OSB. Il a trouvé une partenaire à sa hauteur en la personne de Catrin Finch harpiste d'exception. La synergie est remarquable, l'émulation féconde, l'harmonie enchante. Ensemble, les deux artistes portent au plus haut cette musique ample et libre, au croisement de leurs deux cultures. Les 220 spectateurs ont goûté avec ravissement la beauté d'un art qui s'adresse à l'âme, touche les sens et élève l' esprit.









mardi 9 octobre 2018

Le petit bal perdure









On l'avait connu en p'tit Gus, le saxophoniste et conteur Jean Louis le Vallégant est revenu en Bigoud, Dany de son prenom, et a déroulé toute la vie de ce balucheur secoué par un AVC. Ce spectacle intimiste, évocateur et délicatement mis en espace et en son a touché les soixante dix spectateurs présents samedi au Roudour.

 Dany ne se prétend pas artiste mais plutôt artisan de la clef de sol , sans bémol, mais avec amour toujours, comme dans la chanson.  Sous la veste à paillettes il a le marcel qui chauffe et chaque samedi sous la boule à facettes sa Josiane devient Cindy , chanteuse et amoureuse, jusqu'aux douze coups de minuit.

Empêtré dans son "manque de mots" restés coincés à cause de cette saleté d AVC, Dany ne renonce pas. Il se souvient obstinément du petit bal perdu que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre... Car il  n a pas dit son dernier mot, Dany et chaque souvenir les fait renaitre, un a un. Le sourire aux lèvres, tantôt parce que c est drôle, tantôt parceque c est émouvant ou les deux à la fois, le spectateur a envie de lui souffler" Allez Dany, vas y chauffe encore pour un dernier tour de piste à danser, toi qui a mis tant d étoiles dans nos samedi soirs. Valse ou tango , you'll be good..."

lundi 8 octobre 2018

Le trio venu du froid

Le théâtre affichait complet samedi soir . Pour commencer l'année dans la joie et la bonne humeur le désopilant et fraternel trio vocal Bond and Blond and Blond etait descendu de son grand Nord pour un hommage décalé à la chanson française.

Les trois musiciens acteurs, visiblement atteints d'une folie douce, probablement due à un excès d aurores boréales,  n'ont pas mis plus d une minute à déclencher une hilarité générale qui ne s'est atténuée qu' après la fin du spectacle. Ne dedaignant pas un certain sens de la provocation, ils ont systématiquement détourné les grands moments de la chanson française avec une jubilation contagieuse. Sans jamais perdre leur apparence de serieux ni leur parfaite maîtrise vocale, les trois pseudos suédois , encore plus difficiles à démonter que les meubles d'une célèbre marque de leur royaume nordique , ont lancé la saison théâtrale avec brio et panache